lundi 6 juillet 2009

Patio temporel




" Genre...
- Quoi ?
- Comment ça quoi ?
- Oh ça va.
- J'le savais.
- Tu savais rien. Tu supputais...
- Mouais.
- Bon bah lance-toi.
- ... voilà !
- Très drôle..."



Chlinkg Chlinkg
KrrrKrrrClac
YYiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii....


Sans doute une faillite temporelle. Un endroit où le temps ne compte pas, analphabète, et ne fait que passer. Car parait-il il y a un temps pour tout : une temps d'action, un temps d'amour, un temps de souffrance, de repos, de repas.
Moi je pense qu'il y a un taon pour tout. Une pique d'action, une pique d'amour, une pique de souffrance... Et qu'on a tous besoin de taons fixs pour nous laisser sur le garrot.
Amis, bandez-vous et partez. Prenez vos piques et allons à la guerre, à la vie, à l'amour, à la mort. Yippie-Kay-yee !

On est tous des guerriers, des assassins. On a tous buté ce p'tit morveux qui n'arrêtait pas de nous suivre.
"Papa c'est quoi la mort ?
- Je sais pas tu me diras."
BLAM.
Problème, on a jamais pensé finir la conversation. A la recherche du taon perdu ? Il gît à nos pieds dans une mare de sang et en tirer la substantifique moelle reviendrait à lécher le sol. Bien trop dégueulasse, on est en accord là-dessus. Alors on prend le corps et on se l'arnache, petit pistolet à bouchon pour partir de front.
Oh bien sûr, certains ne l'ont pas tué, peut-être juste cogné, violé ou lui ont crevé les yeux. Mais il est pas intact ce p'tit gars. D'ailleurs il vous évoque qui ? Rien qu'un sein bol prêt à vous accueillir en fait, un appui-tête pourléchant et douceureux que vous farcirez de la manière qui vous convient. Poison, drogue, sentiment, café au miel, il emplit le manque. Un petit cadavre bringuebalant remplissant la fonction de remplir. How ironic.
Quand viendra le taon du débarras ? Bof, on aime pas les orphelins, même morts.


La Petite Chose s'allume une cigarette. La lumière se fait sur son visage sardoniquement ensanglanté. Elle regarde au-delà la montagne de cadavre qui l'entoure. Elle remet son briquet dans son emplacement et change sa hâche de main. Elle tire une latte et vous regarde. Elle te regarde.
Et elle sourit.

dimanche 28 septembre 2008

Fragments de carnets





Puisque je ne dors pas, je relis des trucs d'il y a quelques années.
Et vous aussi maintenant, puisque vous ne dormez sûrement pas.

Cela donnait donc, dans un ordre plus ou moins chronologique :
(à ne pas forcément toujours prendre au 1er degré, vous serez prévenus)


Je me déteste, mais j'en déteste encore plus d'autres de ne pas savoir se détester.

La perfection est imparfaite car elle n'existe pas.

Je suis vide. Colère, tristesse, envie, désir me sont effacés. Pauvre coque masquée, je mime pour exister. La vie m'est inconnue, peu importe la mort : je ne suis que rien.

On peut tout dénoncer vu qu'on est pas écouté.

Agrégat d'existences, profitant des sursauts du présent, bug programmé et gribouillis formaté, tu penses marcher sans départ. Tu es seul et ivre, pauvre petit Dionysos.

La majorité est rassurante.

Ce qui est bien avec la drogue, c'est qu'on ne meure pas tout de suite.

Je n'ai pas envie de dormir. Si seulement je pouvais mourir dans mon sommeil, alors je m'endormirais serein.

Autrui me dégoûte, mais je dois les aider.
Mon ego est la seul chose qui me fasse peur.
Ne plus être moi signifierait ne plus être autrui.
J'y aspire.

L'humour peut-il être considéré comme une lucidité ?

J'ai envie d'être un sous-marin jaune
dans tes bras
d'être un chat
Je veux réciter des palindromes
Faire des pirouettes de charabia
Et t'écrier juste pour moi :
Ah ! Je suis heureux comme ça ! (nda : tagada tsoin tsoin)

Un coup tordu peut être un coup de génie. Même sans l'épée.

Cela ne sert à rien d'attendre que des choses intelligentes me viennent.

Je tombe.

Mes pensées au soleil levant raccourcissent mes jours pour l'éternité. (nda : en me relisant je crois que je parle de masturbation là... soit)

Si tu es mon soleil alors allume ma clope ! (nda : déjà réutilisée celle-là d'ailleurs, voir plus bas)

Tout est un peu comme cette franche lucidité de l'Homme, qui se masturbe pour passer le temps, sans penser à la Femme.

dimanche 21 septembre 2008

Court-montrage



Voici un exemple de publicité sans coût, ni bénéfice financier :
même que je suis dedans, jouez donc à "Mais où est Marc ?"



COME BACK


(comme quoi, une société alternative ça peut fonctionner, CQFD, bon je retourne planter mes pommes dauphines dans la mer)

samedi 13 septembre 2008

Avenir




On tourne en rond, On saute sur place, On marche sur les mains.
Cela pourrait coller si le monde attendait. Mais il lui faudrait une raison, car si On lui demandait d'attendre, On se verrait questionné sur le qui ou le quoi. Et On serait laissé derrière. Donc On suit, ou On tente le faire. On gravit les échelons d'un temps que l'on dit linéaire, avec un avant et un arrière et, a fortiori, un juste milieu : l'instant présent. Qu'On savoure évidemment avidement.
On aurait entendu dire qu'Il irait dans un mur, ce qui marcherait si Il croyait à la linéarité du temps, mais Il dit que non. Alors On trouve cela bête et gravit un autre échelon.

On doit aller vite, avancer dans la vie car bientôt la mort s'emparera de lui. Death and taxes sont les seules choses ponctuelles dans la vie dit On. Alors On doit faire ce qu'il faut pour payer ses taxes et mourir heureux. On dit que même si un coffre-fort n'a jamais été vu suivant un corbillard, On s'en fout puisqu'On est mort et donc qu'On ne voit plus.
Même si ce serait un sacré spectacle.
Mais On a pas le temps de penser à ça, On a déjà fort à faire en savourant le présent tout en pensant à l'avenir, sans trop regretter le passé. On stresse et gagne donc des cheveux blancs, ce qui l'amène à penser qu'On devient vieux. Comme On était déjà con, et qu'il gagne des croutes, On devient ainsi con-plaie.
Du moins c'est ainsi qu'On est perçu et qu'On perçoit.
Le stéréotype s'enclenche. La boucle se la boucle. Vatisme est en concert, et c'est du bon rock.

On pourrait imaginer que perdre la notion du temps serait salutaire, mais les autres ne le font pas, et On doit se contraindre à l'accepter.
Mais Je n'aime pas On, et donc Je tente de faire le contraire. Quant à Moi Tu l'ignore, ce que Je ne fait pas car On ne sait pas ce qu'à Moi Je serait capable de faire si d'aventure Tu montrait un attachement trop conséquent, ou une haine exagérée. Remarquez, Ils disent que ce serait pareil avec Nous ou Vous. Mais Ils s'emmêlent souvent. Surtout quand Ils ne sont pas concernés directement, car Ils oublient rapidement ce qui ne les concernent pas.
Rien qu'une histoire de Personne en somme. Car ce n'est la faute que de Personne.


Le problème étant que, comme toujours, Personne n'a rien fait et Personne n'est sûrement pas au courant. Un seul constat s'impose : c'est Qui.

jeudi 7 août 2008

Ciseaux à bouts ronds

Prenons un article de journal, ou peu s'en faut, au hasard. Pour cela, donnez-moi d'abord votre confiance pour que je choisisse pour vous.
Voilà :
(désolé je suis tombé sur le figaro, c'est pas moi c'est gougueule)

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2008/08/07/01016-20080807ARTFIG00389-tornade-bientot-classe-catastrophe-naturelle-.php

La tornade bientôt classée «catastrophe naturelle» ?

Une fois validé par une commission interministérielle, cet état permet d'indemniser des risques non prévus par les contrats d'assurance des sinistrés du Nord.

Le gouvernement a décidé jeudi d'engager jeudi la procédure de reconnaissance de «catastrophe naturelle» après la tornade qui a dévasté Hautmont et sa région (Nord) dans la nuit de dimanche à lundi. La tempête, qui a causé la mort de quatre personnes, a laissé derrière elle près de 1000 logements gravement endommagés, dont une centaine sont désormais inhabitables.

L'état de catastrophe naturelle permet d'indemniser les risques non pris en compte par les contrats d'assurance, comme les innnondations. Mais la tempête fait partie des risques déjà pris en compte par les assureurs. «Arrêté ou pas, les victimes de la tornade seront indemnisés selon les termes de leur contrat, car les tempêtes sont obligatoirement couvertes par les assurances», souligne la Fédération française des sociétés d'assurance, contactée par lefigaro.fr.

Pour le préfet du Nord, Daniel Canepa, «il peut y avoir des dégâts qui ne soient pas le fait du vent, mais de la pluie et des innondations, qui ne seront donc pas pris en compte par les assurances». L'état de catastrophe naturelle permet donc qu'il n'y ait aucun angle mort», une sorte de «surcroît de précaution», explique le préfet, contacté par lefigaro.fr.

Une commission interministérielle doit se prononcer le 18 septembre pour valider ou non l'état de catastrophe naturelle. Les assurés auront alors 10 jours au maximum après publication de l'arrêté pour faire parvenir à leur compagnie d'assurance un état estimatif des dégâts ou de leurs pertes. Puis les assureurs auront l'obligation d'indemniser les personnes sinistrées dans un délai de trois mois.

Un fond pour ceux qui ne sont pas assurés

Le chef du gouvernement a annoncé par ailleurs «la mobilisation de moyens d'urgence mis à disposition des services de la préfecture du Nord afin de pouvoir répondre aux besoins les plus immédiats». Ces moyens, dont le montant n'a pas été précisé, «s'ajouteront aux 300.000 euros déjà annoncés par la ministre de l'Intérieur. Le «fonds de solidarité en faveur des collectivités territoriales et de leurs groupements touchés par des catastrophes naturelles», institué par la loi de finances 2008, sera également mobilisé en faveur des communes concernées, notamment pour les personnes qui ne sont pas assurées.

François Fillon a demandé à Christine Boutin, ministre du Logement, et à Valérie Létard, secrétaire d'Etat chargée de la Solidarité, de se rendre vendredi à Hautmont «pour s'assurer du bon avancement des actions de l'Etat en particulier pour ce qui concerne la difficile question du relogement». L'envoi sur place vendredi d'un «Monsieur assurance», désigné par Bercy, qui «vérifiera la bonne marche du processus d'indemnisation» a également été décidé. «Il s'occupera plus particulièrement des personnes qui ont le plus de difficultés», explique Daniel Canepa.

Des dons ont déjà afflué auprès des mairies pour aider les habitants. Une association, «Solidarité Avesnoy», s'est même créée, son porte-parole n'est autre que Dany Boon.



Bon maintenant c'est là qu'on rigole. Déjà catastrophe naturelle. Berk. Le terme veut dire évènementmétéorologiquequic'estpasséetquiafaitdesdégatsdemandantréparationfinancièrevoireatuédesgens. Un peu loin du sens étymologique. Bienvenue dans le monde merveilleux du journalisme.

Bienvenue aussi dans le monde merveilleux de la non relecture (en rouge, pour ceux qui n'ont pas suivi), surtout au niveau des guillemets manquants, ou en trop...

Donc, articulation de l'article : catastrophe naturelle -> nouvel arrêté gouvernemental envisageable pour la solidarité -> mais les assurances disent "si on couvre les tempêtes obligatoirement" -> oui mais pas les inondations qu'on leur répond, et donc l'état de catastrophe naturelle ça va tout couvrir -> d'ailleurs on donne des sous quand même -> et puis on envoie des gens -> et Dany Boon est avec vous !

Le Monsieur Assurance est particulièrement drôle, puisqu'envoyé sur place pour vérifier le bon déroulement du machin. Il va sans dire que ce sauveur est plutôt un parachuté (mouhahaha les termes journalistiques) responsable du gouvernement : il part en vacances dans le coin serrer des poignées de main, se montrer auprès des locaux, complètement éloigné des processus de décision des assurances qui n'ont pas vraiment leurs bureaux près de la région d'Haumont. Tout au plus il pourra dire bonjour aux experts, s'il n'est pas reparti avant.

Bref, trève de divergences. Ce qui se remarque :
- on oppose les assurances (privées) et l'Etat (public) et celui-ci a le dernier mot dans "l'échange" de point de vue sur le compte des assurances. Il est quand même évident que ce n'est pas dans cet article si on saura si les assurances couvrent ou non la totalité des risques des "catastrophes naturelles". En tout cas, on passe complètement à coté du montant de leur couverture, sujet peut-être plus important.
- tiens d'ailleurs le montant des 300 000 € : vous avez dit 1000 logements gravement endommagés et une centaine inhabitable ? Hum, la division est facile. Reste à voir le montant de l'aide d'urgence et de l'assurance, mais ça a pas l'air si gros que ça 300 000 €. Pourtant ça fait joli non ?
- on passe sur les envoyéspourserrerdesmains, bien loin des centres de décision politiques et des administrations des assurances, mais très près des caméras (qui sont très loin de beaucoup de choses celles-là), et qui doivent pourtant s'assurer du bon déroulement des opérations. Par portable sûrement, avec le nouveau forfait Neo Pro de Bouygues Telecom (jingle)
- en définitive, ce qui est encore plus marrant (ou du moins ce qui me fait très peur) est que cet article est de forme typiquement gerbante. Simple : en 4e année à l'IEP de Toulouse on vous apprend en cours de "Techniques rédactionnelles" à écrire un article avec les infos principales en haut, et plus vous allez vers le bas et plus vous tombez dans la moindre importance, les détails, que vous pouve donc supprimer sans faire perdre corps à l'article (le titre et le descriptif le suivant de celui-ci peuvent suffire tant le contenu est creux). En gros c'est de la bête description de paysage auquel on applique un zoom progressif. On peut se passer du zoom pour voir le paysage non ? Bref... Cet article correspond exactement aux normes en valeur. C'est Dany Boon qui va être content.


Bon voilou. Je pensais pas trouver un tel stéréotype du premier coup.
Le paysage vous a plu ? Moi, je vais gerber.


Edit : oui je sais c'est un peu naze et court comme queutru. Mais enfin, on pourrait passer des heures ne serait-ce sur le dernier point pour montrer qu'un article de journal (en général) est l'opposé d'un processus logique. Mais je vous laisse faire la critique de ce que vous voulez. Je n'ai pas à remplacer votre tête, et vous ne seriez pas d'accord.
Surtout parce que vous vous demanderiez d'où vous viennent ces idées saugrenues de remixer "Il est libre Max" d'Hervé Christiani (oui je viens de le gougeuliser, mea culpa) en "Il est libre , l'arbitre". Chanson qui porterait sur le désir d'être cleptomane, bien entendu.

Edit 2 : en fait à 7h26 du mat', la faute d'orthographe sur le mot "fonds" peut apparaître comme un jeu de mot cynique.
Hahaha.

mercredi 6 août 2008

Hasard

Moi foi fange des petits rois


Je pue mon amour
Tu pues ma chérie
Il pue, pense-t-elle
Elle pue, se dit-il
On pue s'exclame
Nous puons, ensemble
Vous puez, tous
Ils font l'amour.





Maints saints donnent la main aux seins


Je pue mon amour
Tu pues ma chérie
Il pue, pense-t-elle
Elle pue, se dit-il
On pue s'exclame
Nous puons, ensemble
Vous puez, tous
Ils font l'amour.





De la haine, peine baigne et règne


Je pue mon amour
Tu pues ma chérie
Il pue, pense-t-elle
Elle pue, se dit-il
On pue s'exclame
Nous puons, ensemble
Vous puez, tous
Ils font l'amour.



dimanche 6 juillet 2008

Déjà Vu

GrandTruc se réveilla en sueur, d'un sursaut. Un soulagement pouvait se lire sur son visage, alors qu'il tendait la main pour attraper un verre d'eau. Au moins ce rêve ne deviendra pas réalité. Il reposa son verre, chassa la brume du réveil matinal d'une claque sur sa joue et se dirigea vers sa baignoire.

C'est en prenant son petit déjeuner que l'impression revint pour ce jour-là. La disposition des miettes de son croissant, le reflet de son chocolat au lait, l'heure, sa position assise, le couteau à beurre de la veille sur le coin de la table, son angle de vision de la scène et même le petit sursaut qu'il eut en se remémorant la scène qu'il avait déjà vue en songe.
Il se laissa aller au sentiment d'agir une deuxième, de savoir pertinemment ce qu'il allait faire sans vouloir en changer la structure. Il prit donc son cahier n°11 pour y noter le rêve de cette nuit, et ne fit pas attention à l'impression qui se dégageait de lui tandis qu'il écrivait.

GrandTruc se dirigea ensuite vers la salle de bain afin de se laver. Sous le jet d'eau, il écoute distraitement les nouvelles à la radio. Ca parle politique, mouvements sociaux, visites de chefs d'états et double assassinat en Corrèze. Il sourit. Les médias eux, n'ont pas de rêves et une mémoire de poisson rouge qui plus est, cela explique leurs répétitions.
En contemplant son visage dans son miroir brisé, il se demande si le fait de voir se réaliser la plupart de ses rêves lui est vraiment agréable. Comment est-on frustré ? Mais c'est le matin et il a faim, direction la cuisine.

Après avoir remis le cahier n°11 à sa place, son regard tombe sur le croissant. Les miettes devant lui se font menaçantes, et la viennoiserie le nargue. Il déteste ça : il était sûr de l'avoir mangé. Pourquoi est-il donc là à se moquer de lui ?
Il reprend son cahier et y lit le contenu qu'il a rédigé auparavant. A pas lourds il se rend dans la salle de bain, se regarde dans le miroir et explose la glace d'un coup de tête. Son reflet fracturé lui renvoi le sourire d'un carnassier rassasié. Tout est rentré dans l'ordre. Il a presque été eu. Presque. Il s'est montré très intelligent cette fois pour se piéger lui-même.

Apaisé, GrandTruc s'éveille, boit dans son gobelet et va prendre une douche.